It May All End Tomorrow (comme son titre l'indique)

Des notes sur rien et la création d'un roman étape par étape, le tout orchestré par un jeune auteur, aspirant écrivain, inspiré par Cocteau, Dostoeivsky, le rock, le jazz.

07 septembre 2006

Il voulait une révolution, etc. Partie 1

Extrait des répétitions de Nos Nuits Ardentes (roman), Chapitre 1, 1ère page.

"Miles Davis - Nuit sur les Champs Elysées Take #1

Je voulais une révolution, et cetera … La faire, pour une fille ou pour rien. Seul les plus stupides raisons peuvent faire courir un adulte autoproclamé de Bollywood à l’Europe, lui apprendre à aimer les embûches et la maladresse comme un captif adore ses geôliers. J’avais 19 ans en achetant mon ticket de départ, j’en atteignais à peine 20 en dépensant le dernier de mes premiers francs. D’ici à là, un simple changement de monnaie, une conversion de taux à différents bureaux de change, mais l’histoire d’amour en était arrivé à ce moment où l’on se dégoûte soi-même d’aimer les petites manies de l’autre, où l’on se rend compte que ses défauts ne sont pas des illusions, qu’il ou elle n’arrêtera jamais d’écouter des mauvais disques, qu’il ou elle côtoiera toujours ses amis douteux. Voilà ce qu’était ma vie avec la vie et alors il me restait de nombreuses années à désormais expérimenter sur ce mode-là. A quel moment me suis-je rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond dans ce monde ? Ya-t-il eu un moment précis ? Je pourrai me souvenir de ce concert par exemple. La première partie était magnifique et s’est fait siffler pendant trois quart d’heures. Ils avaient écrasé la tête d’affiche, et pourtant, ils s’étaient fait écrasé par le public. Quelle victoire. Un champion de boxe qui se fait tabasser par le public de la salle. C’est que la salle a ses favoris, elle choisit ceux qui lui ressemblent, les laids, les tricheurs, les mauvais. Ce serait bien sûr une erreur de situer ma prise de conscience à ce moment-là, bien trop tardif, mais au moment où des producteurs richissimes donneront leurs instructions aux scénaristes payés par un studio de cinéma pour écrire le scénario d’un imposant film retraçant ma vie, cette scène pourrait bien être la première à leur apparaître capable de résumer mon amertume. "

Posté par Paul Austere à 16:15 - nos nuits ardentes- roman en ligne et en direct - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Pour la première fois sur ce blog, publication de "Nos nuits ardentes"...

L'utilisation de la musique, de cette façon, petit bout par petit bout, me semble révolutionnaire et jouissive.

Je découpe volontairement les chapitres en petits morceaux pour le plaisir de lecture de l'homme ou la femme pressé soit plus intense.

Il faut moins de 2 minutes pour lire ce passage. Deux minutes, ça ira pour rester concentrer, non ?
Je l'espère, j'espère que le plaisir de lecture sera le plus grand possible.

(moi-même, j'ai du mal à rester concentrer sur un article de blog pendant plus de 2, 3 minutes).

Posté par Paul Ausètre, 07 septembre 2006 à 16:20

"Seules les plus stupides raisons peuvent faire courir un adulte autoproclamé de Bollywood à l’Europe ..."


Au début, il fallait lire : "Seules les plus stupides raisons peuvent faire courir un adulte autoproclamé de Bollywood à Belleville" : cela sonnait mieux et constituait une référence, plus qu'évidente à mes yeux, à "Bollywood to Battersea" de Babyshambles. Et puis j'ai délocalisé l'histoire de Paris vers une ville inexistante et non affiliée à un pays : Pleyel (on sait juste qu'elle est en Europe).
ça m'arrange parce que je peux faire de cette ville ce que je veux. Et Paris était une trop grande ville pour ce que je voulais dire. Et (dernier argument) je ne voulais pas ancré le récit dans la réalité.

Tout de même, de Bollywood à Belleville, c'était bien.

Posté par Paul Austère, 11 septembre 2006 à 16:45

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