It May All End Tomorrow (comme son titre l'indique)

Des notes sur rien et la création d'un roman étape par étape, le tout orchestré par un jeune auteur, aspirant écrivain, inspiré par Cocteau, Dostoeivsky, le rock, le jazz.

26 octobre 2006

Notre (dernière) nuit ardente Partie 1

Extrait des répétitions de Nos Nuits Ardentes (roman), Chapitre 3 page 1:

"Radiohead - Hunting Bears

Sacha devait rejoindre Marie et leurs amis communs dans un bar, peu avant 23 heures. Malgré son retard déjà bien consommé, il s’arrêta devant un distributeur automatique de billets. Sans doute Marie était-elle déjà dans le bar, souriante et heureuse, seulement trahie par les tapotements irréguliers de son pied contre le socle en métal de la table à laquelle elle était assise. A son arrivée, elle n’arrêterait pas de sourire, fondrait dans ses bras et se laisserait lentement glisser contre son torse pour enfin sentir ses baisers couvrir ses cheveux. Elle ne dirait rien à propos de son retard. Pas tout de suite. Plus tard dans la soirée, au moment le plus imprévu, elle se retournerait sèchement vers lui, et quand ses cheveux glisseraient à travers l’air pour laisser apparaître son visage si fragile, il verrait une étincelle dans ses yeux, sans qu’elle ne dise rien d’autre, sans qu’elle ne se plaigne au sujet de quoi que ce soit. Cette simple petite étincelle disparaîtrait au bout de quelques secondes, juste avant qu’une autre personne ne la voit et Sacha serait le seul à s’en rappeler, le seul à avoir été frappé, le seul à en chercher la signification, investiguant en vain le sourire renouvelé de Marie, chacune de ses paroles, de ses faits et gestes, sa façon de fumer les cigarettes, interprétant le moindre nuage de fumée exhalé par ses lèvres lisses et douces comme une mise à mort. Las, il arrêterait et n’aurait plus qu’à faire disparaître ce souvenir qui encore, au cours de la soirée, se superposerait par le biais de son imagination au visage muet de Marie, le temps stoppé autour d’elle. Les heures passant, il oublierait son tourment, il se balancerait dans les bras de Marie au son de la musique, l’embrassant, respirant l’air autour d’elle, cet air qui partagerait tant de choses avec l’odeur de sa peau, il lui sourirait et à ce moment-là, dans la solitude d’une étreinte, ce masque reviendrait, l’espace d’un seul instant, sur le visage de Marie. Il sentirait ses membres à lui faiblir, incapables de soutenir son corps accablé encore un peu plus et dans un ultime geste, il essaierait de la repousser juste au moment où, de ses bras soudain plein de forces, Marie le retiendrait et le serrerait contre elle, mettant fin à tout contact visuel, mettant fin à tout grief, le pardonnant, simplement. Le pardonner de rien, le pardonner pour un rien. C’était aussi simple."

Posté par Paul Austere à 21:40 - nos nuits ardentes- roman en ligne et en direct - Commentaires [0] - Permalien [#]

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