It May All End Tomorrow (comme son titre l'indique)

Des notes sur rien et la création d'un roman étape par étape, le tout orchestré par un jeune auteur, aspirant écrivain, inspiré par Cocteau, Dostoeivsky, le rock, le jazz.

04 janvier 2007

Notre (dernière) nuit ardente Partie 4

Extrait des répétitions de Nos Nuits Ardentes (roman), Chapitre 3 page 4:

"The Cure : The Holy Hour

La boite de nuit diffusait une sorte de rock accéléré au moins 2 fois. Sacha avait rejoint Marie il y avait une heure déjà, vers 2 heures du matin. C’était une chose étrange à faire. Etre dans une boite de nuit quelques heures seulement après avoir cru mourir. Marie avait été auscultée par les ambulanciers puis laissée sur place tandis que le garçon blond était transporté aux urgences. Il irait bien. Elle resta un long moment à regarder les pompiers désincarcérer le conducteur de la voiture. Au bout de quelques minutes, elle était passée du centre de l’attention à la simple spectatrice. Un pompier lui demanda même de partir, de les laisser travailler. Elle resta cependant assez longtemps pour voir le corps calciné et meurtri du conducteur être déposé sur une civière. Il était encore en vie. Elle ne trouva rien d’autre à faire que de rejoindre les amis avec qui elle aurait du passer la soirée. Elle était seule. Sacha avait disparu. Il poursuivait la fille à la moto, il errait à toute allure dans une grande avenue puis pensant reconnaître le feu arrière de la moto, il s’engageait dans une rue perpendiculaire qui n’était autre qu’un cul de sac au fond duquel un homme assez âgé et bedonnant pour ne pas être confondu avec la fille à la moto descendait d’une Harley Davidson. En marche arrière, il s’était extrait à tout allure de l’impasse juste à temps pour voir la fille à la moto traverser un pond au-dessus de lui. Il descendit de la voiture, la laissa, portière ouverte, au milieu de la route et entreprit de monter l’escalier qui permettait de rejoindre le haut du pont. Arrivé en haut, il ne pouvait déjà plus apercevoir la moto et pourtant continua à courir, de toutes ses forces, effectuant des bonds à chaque foulée, se sentant plus léger que jamais il n’avait été, ressentant comme une intense sensation d’accomplissement, presque persuadé de pouvoir ainsi rattraper la fille à la moto. Il crut entendre le bruit d’un moteur, mais peut-être était-ce ses oreilles qui bourdonnaient sous l’effort. Très rapidement, ses forces déclinèrent. Il s’arrêta sur le bas côté, aussi vidé qu’il s’était senti fort quelques secondes auparavant. Etrangement, il repris son souffle sans difficulté. Ses jambes était fraîches et insensibles. Il ne ressentait aucun point à l’estomac. Toute la douleur, toute la tension subit lors de ce long sprint, était venue s’accumuler dans son esprit. Il se sentit vieillir d’un coup. Il avait acquis une lucidité sereine, mais effrayante. Il ne voulait plus rentrer chez lui. Il ne voulait plus rentrer chez Marie. Il ne voulait même plus la voir, il ne voulait plus l’entendre, il ne voulait plus sentir qu’elle l’aimait. Il voulait du changement et se sentir exister. Il voulait découvrir des nouvelles situations et se sentir les maîtriser. Il voulait enfin gagner, il voulait être regardé comme un inconnu, il voulait surprendre et s’extirper d’un monde où tout de lui était attendu, connu d’avance, et où aucun de ses faits et gestes n’avait plus d’importance, car répété encore et encore comme une boucle mathématique sans fin. Il devait se débarrasser des restes d’une vie morte qu’il croyait encore vivre comme les blessés croient sentir leurs membres amputés. Il ne pouvait plus réfléchir – il ne voulait plus réfléchir. Il avait toutes les solutions en lui, il lui suffisait de vivre. Tout en faisant tourner ses idées dans sa tête, il avait rejoint sa voiture, presque irréelle, au milieu de la route déserte, ouverte, les phares allumées, le moteur tournant, au milieu de la route, intacte, préservée, prête à reprendre son chemin. Dans l’habitacle, il réorienta le rétroviseur et s’y observa : son visage reflétait une expression sérieuse, décidée. Même quand il essayait de sourire, cette expression dominait. Elle était calme, maîtrisée au milieu de la tempête de ses sentiments. Elle était fixée à lui, malgré les grimaces qu’il se faisait, malgré le rose qui illuminait ses joues après le petit sprint improvisé. Il se trouva de nombreux points communs avec sa voiture abandonnée.

En se remémorant le circuit routier de la ville, il déduisit que la fille à moto allait prendre, en suivant la route après le pont, la nouvelle autoroute souterraine. Il en était certain, ce pont, en redescendant, amenait, un kilomètre plus loin, à l’entrée du tunnel. Il n’aurait eu qu’à foncer à travers les petites rues de la ville jusqu’à l’endroit du centre où le tunnel se terminait en attendant que les travaux ne soient achevés, et coincer la fille à la moto quand elle en sortirait. Ça, ou il l’aurait suivit jusque chez elle."

Posté par Paul Austere à 17:04 - nos nuits ardentes- roman en ligne et en direct - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Drôle de problème avec les musiques : "NaN" s'affiche dans le lecteur quand j'essaie de jouer la musique. Pourtant je n'ai rien changé ...

    Chez vous aussi ?

    Posté par Paul Austere, 04 janvier 2007 à 17:12
  • Problème reglé

    Les musiques marchent à nouveau. Un petit problème dans le code html...

    Bizarrement, il était là depuis quelque temps, même dans de plus vieux posts, mais ne s'est manifesté que récemment.

    C'est toute la problèmatique de Nos Nuits Ardentes.

    Posté par Paul Austere, 09 janvier 2007 à 11:44

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