It May All End Tomorrow (comme son titre l'indique)

Des notes sur rien et la création d'un roman étape par étape, le tout orchestré par un jeune auteur, aspirant écrivain, inspiré par Cocteau, Dostoeivsky, le rock, le jazz.

15 janvier 2007

Notre (dernière) nuit ardente Partie 6

Extrait des répétitions de Nos Nuits Ardentes (roman), Chapitre 3 page 6 :

"The Psychedelic Furs : Heartbreak beat

Sacha chercha en vain dans les moindres recoins de la discothèque, des sorties de secours à la cabine du dj, sans trace du garçon blond. Il en vint à croire que ce n’était pas lui qui l’avait bousculé un peu plus tôt et qu’il avait fait tout ça, laisser Marie, passer une heure à parcourir la boite de nuit en long et en large, pour rien. Au fur et à mesure de ses recherches, il se fit servir de plus en plus d’alcool, pour se donner du courage, si bien qu’il était désormais saoul et incapable de continuer correctement ses recherches alors que les vibrations et les errements du sol jouaient des tours à ses pieds. Il trouva une banquette et s’y écroula. La prochaine chose dont il eût réellement conscience, c’était de discuter avec une jeune fille sur laquelle il était à moitié affalé. Sa prise de conscience se manifesta par un « euuuuh » interminable interrompant le discours qu’il était entrain de lui tenir. Il avait oublié ce qu’il voulait dire et ce qu’il avait déjà dit. Il se tut, donc, complètement relâché, un bras de la jeune fille autour de son cou, le sien posé sur sa cuisse dénudée. Le silence s’installa de longues minutes durant lesquels ils se contentaient de saisir des bribes de leurs souffles entre les morceaux que passaient le dj et sur lesquels, devant eux, se donnaient en spectacles des dizaines de jeunes gens de leur âge. La jeune fille trouva quelque chose à dire. Elle commença par respirer un grand coup, qui s’entendit même par-dessus la musique, fait incroyable, et lui demanda pourquoi il avait du sang sur lui. « Ce n’est pas du sang, répondit-il, plus amusé que surpris, c’est ma cravate, la couleur s’appelle ‘bourgogne’, si tu tiens vraiment à finir la soirée en ayant appris quelque chose. » Elle retira son bras du cou de Sacha, vexée, et soulevant brusquement ses genoux pour le faire partir, rétorqua qu’elle ne parlait pas de sa cravate, mais bien des petites tâches de sang sur le côté de la jambe droite de son pantalon. Il se leva d’un bond et se pencha pour vérifier : elle avait raison, son pantalon noir était parsemé de tâches rouges qui se confondaient légèrement avec la matière mais restaient assez nombreuses pour être visibles, même dans la pénombre de la boite de nuit. Il se réfugia d’un bond aux toilettes. A cette heure avancée de la soirée, ils étaient vides et sales des restes de leurs utilisateurs, flaques dans les coins, papiers, cigarettes et préservatifs par terre. Au robinet, il tenta d’enlever les tâches avec de l’eau et du savon. Il n’oserait plus sortir maintenant qu’il connaissait l’existence de ses tâches, il aurait trop peur de se faire remarquer par n’importe qui, ou pire, la police. C’était une de ces peurs non-fondée qui nous tétanisent à l’instant pour mieux nous faire rire plus tard, bien au chaud dans nos pantoufles, à la maison. Le plus il frottait, le plus les tâches disparaissaient derrières des bulles de savon pour mieux réapparaître au rinçage. Des gens circulaient derrière lui et il pensa que il était trop tard pour rester discret et qu’il valait mieux qu’ils voient un idiot en train de nettoyer son pantalon plutôt qu’un étranger avec des taches de sang sur ses vêtements. Il se pensait au-dessus de tout soupçon quand une voix retentit juste derrière lui :  « Je me suis fait frappé, et pourtant tu as l’air en plus mauvaise état que moi. Il n’y a pas de justice, hein ? ». C’était le garçon blond, droit et intact, arrivé de nulle part, à peine quelques contusions sur le nez, conséquence du contact de son visage avec le bitume lors de sa chute provoquée plus tôt, il y a des siècles de là. Un silence pesant s’installa, le garçon blond fixant Sacha, silencieux, un sourire étrange aux lèvres. Troublé, Sacha arrêta de frotter son pantalon et se regarda dans la miroir salie et nervuré des toilettes. Son visage avait empiré. Il était totalement boursouflé, des grosses poches s’étendaient de ses yeux à la moitié de son visage, ses cheveux étaient en désordre et ses lèvres séchaient de plus en plus en prenant une couleur violette. Derrière lui, le garçon blond souriait encore. Sacha lui demanda son nom d’une voix tremblante. Il s’appelait Patrick. « Patrick, je m’appelle Sacha et je suis vraiment désolé de t’avoir laissé là-bas sans appeler les secours». Le garçon nommé Patrick répondit : « Ce n’est rien. Je suis sûr que j’en aurais fait autant pour toi. Tu l’as rattrapée ?». Sacha fit mine de ne pas comprendre : « Qui ça ? ». « La fille à la moto. Je voulais juste savoir si tu l’avais vue sans son casque. Si tu avais vu son visage ». « Non », répondit Sacha. « Dommage. Je suis sûr qu’elle était mignonne. » Pris d’effroi, ne sachant plus différencier, le bas du haut, son propre reflet du garçon en face de lui, Sacha plongea son visage sous le robinet d’eau froide et avant qu’il ne puisse dire ou faire quoi ce soit d’autre, Patrick avait quitté les toilettes."

Posté par Paul Austere à 22:16 - nos nuits ardentes- roman en ligne et en direct - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    j'ai hérité d'un p'tit questionnaire, il faut dire "cinq choses sur soi qu'on n'a encore jamais dites sur son blog", tu peux aller voir sur mon blog, donc, ou sur celui de gilles ( lien sur le mien) ou tu peux décider que ces chaines c'est nul et que tu n'as pas envie de répondre... ou que tu l'as déja fait.... enfin bref tu fais exactement comme tu veux!

    Posté par selva, 04 février 2007 à 18:45

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