It May All End Tomorrow (comme son titre l'indique)

Des notes sur rien et la création d'un roman étape par étape, le tout orchestré par un jeune auteur, aspirant écrivain, inspiré par Cocteau, Dostoeivsky, le rock, le jazz.

12 octobre 2006

Quand serons-nous des fantômes ? Partie 4 (fin)

"Extrait des répétitions de Nos Nuits Ardentes (roman), Chapitre 2 page 4 (fin):

Devendra Banhart - An Island  :

-Très bien la serveuse est un fantôme, c’est sûr, avoua Sacha. Ce qui nous ramène au même point, on a pas avancé d’un centimètre : depuis quand est-elle un fantôme ?

-ça, elle seule le sait. Son entourage proche aussi, peut-être, s’ils la connaissent vraiment bien.

-Suffit de lui demander.

-Fais-le toi lui répondit-elle du tac au tac.

-C’est ton truc ça, c’est à toi de lui demander.

-Non. J’ai pas envie de lui demander. C’est très personnel. Pourquoi est-ce que je voudrais le savoir, s’indigna-t-elle.

-Parce que c’est toi qui a ébauché toute cette théorie.

-Ce n’est pas qu’une théorie. Et ça m’effraierai de savoir ce genre de chose. Ça m’effraie déjà bien assez de comprendre la réalité des choses. Je ne veux pas en savoir trop. Trop savoir, trop comprendre, ça pourrait me transformer en fantôme.

-Tu me le dira à moi, prononça-t-il tout doucement ?

-Quoi ?

-Le jour où tu sera un fantôme, tu me le dira ? Tu me préviendra ? Tu me dira ce qui s’est passé, tu m’expliquera pourquoi et comment ?Tu me fais assez confiance pour me dire ce genre de choses, tu m’aimes assez pour me révéler ça au moment où ça arrivera ?

-Crois moi, tu deviendra un fantôme bien avant moi, se défendit Marie !

-Je m’en fous de ce que je serai, on s’en fout de moi, te cache pas derrière moi, réponds moi, dis moi la vérité …

-Ça n’arrivera pas. Je ne deviendrais pas un fantôme. Ou alors je me tuerai juste à ce moment-là, juste au moment où je l’aurais compris. Mais je ne serais jamais un fantôme, je serai toujours une adolescente et si un jour je ne le suis plus, j’attacherai cette adolescente que j’étais, je l’attacherai à moi, je la garderai contre mon épaule, de force s’il le faut, elle sera toujours là, elle pourra me parler à l’oreille, me donner de mauvais conseil, me forcer à faire des idioties. Si je dois finir comme une vieille folle, alors je finirai comme une vieille folle. Je ne serai jamais un fantôme.

-Ce jeu n’est plus drôle. Je n’ai plus envie de ça, se plaignit Sacha

-Ce n’est pas un jeu, avoua Marie, presque résignée… "

Juste à ce moment-là, l’adolescente en rouge apparut en bas de l’immeuble, elle avança sur le trottoir, comme si elle marchait normalement, comme si elle s’éloignait vraiment du café, et puis parvenu à une distance raisonnable, elle se retourna d’un coup et fixa la baie vitrée. Pour confirmer ses doutes, elles se trouva nez à nez, à quelques dizaines de mètres de hauteur, avec Sacha et Marie qui l’observaient, une lueur dans leurs regards simplement plus triste que tout à l’heure. Elle les fixa à son tour pendant un bon moment, espérant qu’ils craquent avant elle et voyant que cela n’arriverait pas, leur tira la lange de toute ses forces, qui, depuis la baie vitrée, ressemblait à un minuscule carré tout rose. Sûr qu’elle n’était pas un fantôme. "

Posté par Paul Austere à 12:01 - nos nuits ardentes- roman en ligne et en direct - Commentaires [0] - Permalien [#]

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